De tous les tennismen, le plus cool est sans doute brésilien, il a du talent, il est souriant, son nom : Gustavo Kuerten. Portrait.
Si l’on devait faire un panorama des mecs cool du sport mondial, on aurait une bonne petite liste à vous proposer, mais on en connaitrait déjà le numéro 1. Et non pas de Kelly Slater, pas de Lilian Thuram, ni de Christophe Lemaître. Le numéro un, c’est évident, c’est Guga. Rien que son surnom en impose déjà, et inutile de le comparer à « Duga » ces deux-là ne sont pas du même monde.
Guga c’est Gustavo Kuerten, le tennisman brésilien qui a trimballé ses cheveux bouclés, sa cool attitude et sa fausse nonchalance sur les courts de tennis mondiaux. Le brésilien est cool sur le terrain et en dehors, petite description de sa belle carrière.
Gustavo Kuerten est passé pro en 1995, et c’est peu de temps après qu’il commence à faire ses premiers faits d’armes. Le premier n’est pas des moindre. C’est en effet sur la terre battue de ce cher Roland que le brésilien éclate aux yeux du public. Un style funky, un jeu tout en souplesse et en coolitude, qui lui rapporte non seulement une finale, mais surtout la victoire contre Sergi Brugera (double vainqueur du tournoi)! A seulement 21 ans ! Encore plus extraordinaire, Kuerten reste à ce jour le seul joueur à avoir gagné le tournoi sans avoir été classé tête de série au préalable.
L’histoire d’amour entre le public sud-parisien et le bonhomme commence alors et va perdurer pendant plus de 10 ans. Kuerten gagnera par la suite deux autres Roland Garros en 2000 et 2001, souvent au terme de prestations d’une rare intensité. Comme celle de 2001 contre Michael Russell, le jeune américain, ou Kuerten gagne aux forceps (3-6 4-6 7-6(3) 6-3 6-1) puis dessine un cœur sur le central de Roland Garros avant de se mettre à genoux pour remercier le public.
Kuerten, évidemment, ca n’est pas seulement la terre battue francilienne, c’est 20 titres en simple, 8 en double, et surtout 43 semaines à la tête du classement mondial ATP. Plus que ses performances et son palmarès, on retient Guga pour ses tenues vestimentaires, son style de jeu, mais aussi sa gentillesse qui l’aura vu remporter le Prix Orange[1] à 3 reprises (on peut lui opposer Marcelo Rios et ses 5 Prix Citron !)
Malheureusement Kuerten aura été bien embêté par son corps qui en 2004 le privera presque une année entière de court de tennis pour de multiples problèmes à la hanche, qui l’obligera à se faire opérer. Malgré un tournoi remporté en 2005, Guga ne sera, par la suite, qu’un joueur moyen, toujours apprécié du public, recevant l’honneur de ses pairs[2] cette même année : il rentre en effet dans le classement mixte des « Quarante plus grands Champions de tennis des Quarante dernières années » à la 37ème place.
Sa fin de carrière arrivera peu après. N’arrivant pas à se remettre de ses deux opérations de la hanche, ni à retrouver un niveau technique correct, Gustavo passe l’année 2007 à butter au maximum au troisième tour des tournois auxquels il participe. Il décide donc en 2008 que son dernier tournoi sera celui qui l’a révélé : Roland Garros. Kuerten se fait éliminer au premier tour face à Paul-Henri Matthieu (salop !) et reçoit un hommage vibrant de la foule. Il recevra à ce moment un trophée de terre battue, comme ultime honneur à une jolie carrière.
Si sur le terrain Kuerten a démontré de jolies aptitudes, il a réussi également en dehors à se faire reconnaître par ses actions à caractère social. Dès 2000, il lance l’Instituto Guga Kuerten au Brésil, qui collecte des fonds et aide principalement les populations handicapées de la région de Santa Catarina. Véritable mécène, ses propres dons contribuent largement aux actions de la structure. Il reçoit d’ailleurs le prix de l’UNESCO « youth and citizenship » (jeunesse et citoyenneté). Il recevra par la suite tout type d’honneur et récompense, en vrac : un timbre postal à son effigie en 2001, la Croix de l’Ordre et du Mérite brésilien en 2003, prix ATP Arthur Ashe Humanitarian of the year (humanitaire de l’année), ou encore porteur de la flamme Olympique à Rio en 2004.
Que de belles choses pour l’homme qui a un groupe de post-rock à son nom (Los Gustavo Kuerten). Alors bien sur pour rajouter au portrait du personnage on pourrait dire qu’il est surfeur, qu’il joue de la guitare, qu’il a sa propre marque de fringue, mais vous l’avez déjà compris, Guga est un mec cool, et le Pitch aime les mecs cools.
Crédits photos : Régis Duvignau/Reuters, Reuters
[1] Prix décerné depuis 1981 au joueur de tennis « le plus fair-play du circuit international, disponible et chaleureux avec la presse et le public »
[2] Classement établi par le renommé Tennis Magazine.







Merci Manu pour ce très bel article!! le jour où Guga à dessiner ce coeur sur le central, j’y étais et franchement quelle émotion !! (j’ai le secret espoir que ce coeur n’était que pour moi…)En tous cas ils sont rares les athlètes comme lui:GENTILLESSE et GENEROSITE !!!
De rien Gaëlle ! c’est un plaisir de parler de ce genre de champions, pour lesquels le sport a tant de charme. Je suis par contre très jaloux de toi, d’avoir vu ce superbe match en vrai, alors que moi j’étais devant ma télé, un grand moment de sport (et d’émotions pour toi j’imagine!)